LE POTAGER "MANDALA"
Suivi du
projet du décroissant débutant
C’est suite au film
« Solutions locales pour un désordre global », que je vous recommande au plus haut point
www.solutionslocales-lefilm.com, que j’ai eu l’idée de réaliser un potager, mon premier potager, un potager
« Mandala ».
A vrai dire j’avais, au
départ, installé mes légumes comme un bon mangeur de saucisson, tout en lignes
bien parallèles. Et puis j’ai revu le film … comme il était encore temps de
déplacer les jeunes plants je les ai replantés en cercles concentriques :
tomates, aubergines, courgettes, salade, choux, courges, persil, ciboulette, basilique
+ quelques fleurs (des cosmos) pour attirer les insectes et j’ai mis au milieu
du cercle une demie barrique avec des poissons rouges pour également attirer et
faire boire les insectes pollinisateurs.



Vous trouverez ci-joint
les photos de mon potager à différentes dates depuis sa plantation jusqu’à la récolte
et la cuisson des légumes, miam !!! La plantation en cercle génère
une énergie que je suis capable de ressentir en approchant du potager, c’est
totalement fascinant ! J’ai vraiment pu faire la différence par rapport à
la configuration précédente avec les légumes plantés en lignes parallèles.



Tous les plants
proviennent d’un agriculteur bio de mon secteur et je n’ai, par la suite, utilisé
aucun pesticide (insecticide, herbicide ou fongicide). Le sol a été préparé pendant
l’hiver 2010/2011 avec un travail superficiel et l’apport d’une bonne dose de
fumier de mes chèvres ainsi que de la cendre de bois issue de mon chauffage.
Les seuls ravageurs auxquels j’ai eu à faire sont les escargots et les limaces
mais j’ai limité leur invasion en déposant un ruban de cendres tout autour des
plantations. Je n’ai à ce jour observé aucune maladie sur le feuillage de mes
plantations.



Malgré le temps très
maussade de cet été bizarre et un violent orage de grêle qui a massacré le potager,
tout est bien reparti et j’ai commencé mes récoltes sauf pour les tomates qui
ont vraiment du mal à virer au rouge !!!



En parallèle j’ai
commencé à vider mon congélateur rempli de viande de chevreau que j’avais eu la
flemme de cuisiner … les œufs de mes poules se rajoutant là … du coup cela fait
plus d’un mois que je n’ai pas mis les pieds dans un supermarché. Pour les
petites choses que je ne produis pas je vais les chercher à l’épicerie du
village (il faut soutenir les petits commerçants pour éviter qu’ils ne
disparaissent) et dans les 2 magasins de producteurs qui sont aussi à proximité
de Cruis (il faut soutenir les agriculteurs pour éviter que eux aussi ne disparaissent).



L’an prochain il faudra
que je me mette à fabriquer à nouveau du fromage et des yaourts avec le lait de
mes chèvres …



Les réalisations du mois !
J’ai adhéré à Kokopelli et je me suis inscrit dans la prochaine Campagne “Parrainage” de Kokopelli … à
savoir qu’en 2012 je vais commencer à produire des semences potagères de variétés
anciennes en voie de disparition (probablement 1 variété de tomate et 1 variété
de courgette). Ces semences seront ensuite envoyées chez Kokopelli qui les
distribue gratuitement dans le monde entier afin de redonner une véritable
autonomie aux petites communautés paysannes. Ces variétés « pures »,
au contraire des « hybrides » qui dégénèrent dès la seconde
génération, peuvent en effet être ressemées d’une année sur l’autre. Elles
donnent une totale autonomie aux agriculteurs.
Si vous avez un petit lopin
de terre, vous pouvez vous aussi participer à la sauvegarde et à la
diffusion d’une ou plusieurs variétés anciennes en proposant votre jardin comme
jardin refuge !
J’ai adhéré au « Réseau Semences
Paysannes » afin de participer également à la préservation
d’une variété de pommes de terre.
J’ai décidé d’acheter les céréales destinées à mon troupeau directement à un de
mes voisins qui est passé en bio. J’en ai marre de me faire arnaquer par la
coopérative du coin !
J’ai démarché ma boulangère pour faire du troc « pain contre viande »
mais j’ai fait chou blanc !!!
J’ai démarché le café-restaurant du village pour récupérer les déchets de
cuisine et du restaurant afin d’en faire profiter mes cochons … et ils ont
accepté. C’est aussi moins d’ordures à collecter et à traiter pour la commune !
J’ai installé mon couple de cochons dans un grand enclos extérieur avec une
petite cabane où j’espère voir naître mes premiers porcelets …
Je me suis lancé dans la salade composée « maison » tout venant du potager :
tomates, salades vertes et salades rouges, persil, basilic, ciboulette+ œufs
durs de mes poules + huile d’olive AOC de Cruis ! Je cuisine et j’y prend
du plaisir ce qui me laisse stupéfait !!!
J’ai oublié de préciser dans l’EPISODE 1 que
mon troupeau est principalement soigné par homéopathie et ostéopathie … Il
faudrait que je me forme à l’utilisation des huiles essentielles mais bon le
planning est serré !!! Je teste depuis peu la méthode Tellington TTouch
dans les soins aux animaux. Je vous en parlerai ultérieurement puisque je vais
m’engager dans une formation de trois ans sur ce sujet.
Dans un côté plus
« humain » je fais partie d’un groupe de parole pour les agriculteurs
en difficulté qui m’a permis de me rendre compte que j’étais loin d’être le
seul à bénéficier du RSA alors que nous travaillons tous comme des dingues pour
nous en sortir …
Pour le premier bilan de cette action j’ai écrit le texte
suivant :
« Je m’appelle Mathieu,
j’habite à Cruis où j’élève des chèvres, des brebis et des chiens. Je me suis
installé hors cadre familial à l’âge de 44 ans. Célibataire, j’ai dû faire face
seul à tous les aléas de la vie d’éleveur et je me suis souvent retrouvé très
isolé devant les difficultés de ce métier qui pourtant me passionne et que je n’abandonnerais
pour rien au monde.
La
conjoncture économique, les problèmes climatiques, les crises sanitaires m’ont
mis à genoux et j’ai rencontré d’énormes difficultés financières au point de
devoir me séparer d’une grande partie de mon troupeau. Je me suis souvent levé
le matin en ne sachant pas si j’arriverais à tenir jusqu’au soir, l’idée du
suicide ne me lâchait pas … La création de ce groupe de parole destiné aux
agriculteurs en difficulté, à l’initiative de nos assistantes sociales MSA, a
été pour moi une grande bouffée d’oxygène et je les en remercie sincèrement.
Les rencontres au sein de ce groupe avec d’autres agriculteurs rencontrant des
difficultés similaires m’ont permis de sortir un peu de mon isolement et de la
honte dans lesquels je me trouvais. J’espère que ce groupe de parole poursuivra
son activité et fera naître une solidarité pas si fréquente dans le monde
agricole actuel. »
Les réalisations à venir !
Il faut que je
réfléchisse sur la manière d’alimenter mes chiens … d’une façon plus naturelle
et plus autonome …
Je suis en train
d’imaginer proposer l’hiver prochain, dans l’esprit du don, des formations aux
autres agriculteurs de mon département afin de partager mon savoir et mes 30
ans (glurps) d’expériences. Avec les années ma vision de la formation a été
profondément bouleversée et sans forfanterie je pense pouvoir être utile à
d’autres dans ce domaine … ?
Et alors ça fait quoi une vie sans télévision ?
Après quelques semaines à
peine de « sevrage » je me rends compte quelle pression abominable
nous est transmise par ce fichu outil de propagande qu’est la télévision !
Echangeons l’information directement entre nous plutôt que de subir toute cette
pollution médiatique dont le seul objectif semble être d’endormir la population
(les histoires de cul de DSK on s’en tape, non ?) …près quelques semaines à
peine de « sevrage » je me rends compte quelle pression abominable
nous est transmise par ce fichu outil de propagande qu’est la télévision !
Echangeons l’information directement entre nous plutôt que de subir toute cette
pollution médiatique dont le seul objectif semble être d’endormir la population
(les histoires de cul de DSK on s’en tape, non ?)...
J’écoute à nouveau de la
musique classique, ce que je n’avais pas fait depuis des années …
Je cuisine, j’expérimente
et je prévois de faire ma première tarte aux pommes et à la rhubarbe (de mon
jardin) !!! J’ai même acheté de la farine bio pour faire la pâte
moi-même !
Dans la même veine que
mon potager MANDALA je vous invite aujourd’hui à soutenir la remarquable action
de KOKOPELLI citée au début de ce message [ leur site à
http://www.kokopelli.asso.fr/index.html
]. Cette association, dont le siège est à Alès dans le Gard, participe très
activement à la sauvegarde, et à la diffusion dans le monde entier, d’anciennes
variétés de légumes. Le texte ci-après, un peu long, vaut vraiment le coup
d’être lu jusqu’au bout pour se rendre compte à quel point notre liberté est en
train de nous être confisquée … lentement mais sûrement.
Vous
pouvez aussi, si vous le souhaitez, signer la pétition
qui
dénonce l’aliénation de la semence par l’agro-industrie : je cite …« La
semence, essence même de la vie, est aujourd’hui menacée. 12 000 ans de
construction collective patiente et réfléchie ont abouti à la création d’un
patrimoine végétal, technique et culturel inestimable, commun à toute
l’humanité. Cet héritage court aujourd’hui le risque d’être confisqué par une
infime minorité. »
http://www.univers-nature.com/signez/?code=cat
Kokopelli, un Joueur de
Flûte Enchantée dans le Rêve de Gaïa
[ extraits choisis ]

Nous aurions pu, tout aussi bien,
intituler cette introduction “Kokopelli, la Fertilité à la Fleur du Phallus”.
Kokopelli, cet antique personnage charismatique [NDLR un petit bonhomme avec une bosse dans le
dos et une drôle de coiffure qui joue de la flûte], cet archétype de
procréation, a été émasculé et stérilisé par tous les missionnaires estropiés
de la joie de vivre, les grands prêtres de la bien-pensée. Le Joueur de Flûte,
au phallus proéminent, a été aseptisé et relégué au rôle du semeur du Maïs et
de l’Amour, de préférence platonique, un concept galvaudé par 2000 années de
théologie de l’annihilation et d’inversion des valeurs.
Et si nous souhaitons redonner à
Kokopelli son apanage, à savoir ce phallus proéminent, ce n’est pas pour
réchauffer le vieux ragoût à la sauce patriarcale car cela fait 7000 ans que la
biosphère s’étiole et que l’humanité se meurt sous les assauts du patriarcat et
de l’agressivité mâle.
Cela fait 17 ans que nous luttons pour conserver le “privilège” de
distribuer des semences de tomates, de courges, de laitues, etc. N’est-ce pas
pathétique? Comment en
est-on arrivé à l’abandon total de nos libertés les plus essentielles? La mafia semencière
contre laquelle Kokopelli défend son droit d’exister, c’est cette même mafia
qui contrôle la pharmacie, et qui contrôle l’agrochimie, et qui contrôle les
chaînes de distribution alimentaire. Ce sont les multinationales des Sciences
de la Mort qui stérilisent, qui virtualisent et qui synthétisent le Vivant ...
L’humanité s’est fourvoyée dans une impasse écologique dont nul messie,
prophète, avatar ou sage illuminé ne va l’en sortir. Il n’est nul besoin de
moraliser le capitalisme mais il est par contre urgent de moraliser la morale
Occidentale. Depuis l’été 2007, l’Occident a mis sur la table des milliers de
milliards de dollars pour sauver les grands brigands de la finance: de quoi
nourrir la totalité du Tiers-Monde pendant un ou deux siècles. En toute
indécence
.
Ce dont l’humanité a besoin, c’est d’un sursaut de
révolte contre l’inhumanité et la démence qui imprègnent notre paradigme
Occidental, d’un cri de rage à l’encontre des multinationales qui ont pris les
peuples de la planète en otage, d’une confrontation avec ces
mafias qui prospèrent en collusion totale avec les gouvernements des pays
Occidentaux, des pays en voie d’Occidentalisation et des pays sous-Occidentalisés.
Lors de précédents communiqués,
nous avons déjà lancé l’alerte vis à vis de récents décrets scélérats en
Amérique du nord concernant les plantes médicinales et les compléments
alimentaires. Si on laisse magouiller les puissances malfaisantes qui se
cachent derrière l’infâme Codex Alimentarius, il ne faudra que quelques petites
années pour que les dernières libertés dont nous jouissons soient réduites à
néant, et tout cela au nom de la sacro-sainte protection du consommateur. Ce
même consommateur qui se meurt de cancers, de mutations, de sous-nutrition, de
maladies iatrogènes (à savoir provoquées par la médecine Occidentale)... Quelle
farce immonde! D’ailleurs, les multinationales ne se cachent derrière le Codex
que pour ceux qui ne veulent pas les voir: elles sont là au grand jour, dans
toute leur arrogance. Elles mènent le monde, elles ont corrompu les hautes
administrations, elles ont fait voter des lois scélérates, iniques,
liberticides ... Et l’inventaire des nuisances de leurs produits de synthèse ne
fait que s’allonger:
- Elles ont éradiqué toutes les
méthodes d’agriculture biologique afin de remplacer les fertilisants organiques
par des fertilisants de synthèse qui stérilisent la terre et qui génèrent une
telle érosion qu’il n’y aura plus un seul gramme de terre arable sur la planète
en 2050. Elles ont même réussi l’exploit de faire “certifier” l’agriculture
biologique et d’en faire payer la certification par les producteurs tandis que
les agriculteurs pollueurs sont subventionnés par Bruxelles! - Elles ont remplacé la
quasi-totalité des anciennes variétés par des chimères brevetées [NDLR semences hybrides et OGM] qui ne peuvent
fonctionner qu’avec des fertilisants de synthèse et des pesticides. Leurs lois punissent ceux qui osent donner, échanger ou
commercialiser des variétés anciennes non inscrites sur les catalogues
officiels [ c’est le cas de
la plupart des variétés anciennes … KOKOPELLI est littéralement persécuté par
la répression des fraudes et la justice pour le travail accompli par
l’association – voir pour plus de détails leur site – c’est une véritable honte,
on ne doit pas laisser faire de telles choses … les paysans n’ont pas le droit
de récolter, de semer et d’échanger leurs propres semences, c’est illégal !!!].
- Elles ont remplacé les pratiques
paysannes ancestrales (fondées sur la diversité) par l’utilisation des
pesticides synthétiques: insecticides, herbicides, fongicides, etc. Leurs lois (par exemple, la loi d’orientation
agricole de janvier 2006) prévoient de
punir de 2 ans de prison et de 75 000 euros d’amende toute confection, publicité ou transmission
d’informations concernant les extraits de plantes, tels que le purin d’ortie. La prêle est
maintenant leur cible, le seul fongifuge naturel disponible pour les
jardiniers. - Elles ont stérilisé la
biodiversité naturelle des campagnes, interdisant ainsi l’accès aux plantes
alimentaires sauvages qui contiennent souvent des oligoéléments que l’on ne
trouve plus dans les variétés synthétiques de l’agriculture moderne ou dans les
aliments synthétiques de l’agriculture chimique. Qui sait que l’ortie est l’une
des plantes de la nature contenant le plus d’antioxydants?
- Elles interdisent l’usage du Stevia
rebaudiana, une plante sucrante d’usage plusieurs fois millénaire originaire du
Paraguay, et elles ont poursuivi Guayapi Tropical qui a perdu son dernier
procès en Cour de Cassation [NDLR et
pendant ce temps on vous empoisonne à l’aspartame – voir le documentaire de Marie-Monique
Robin « Notre poison quotidien » …] …
A qui profite le crime? Les peuples sont inexorablement dévastés
et empoisonnés par les pesticides de synthèse, par des aliments contaminés et
dénués de valeur nutritive, par des chimères génétiques hautement
allergéniques, par de l’alcool frelaté ou hautement pesticidé, par du tabac
farci de produits chimiques et génétiquement manipulé pour augmenter le taux de
nicotine, par du sucre blanc déminéralisant, par des médicaments de synthèse
qui génèrent tout autant de problèmes qu’ils en “soignent”, par des
psychotropes de synthèse et des drogues dures synthétiques dont l’augmentation
de la consommation est proportionnelle au mal-être grandissant de nos sociétés
morbides.
De quel droit les Etats Occidentaux
se mêlent-ils de légiférer et de criminaliser l’accès aux richesses de la
biosphère, aux dons de la Terre Mère ? Qu’attendent les peuples pour se
révolter contre l’interdiction de concocter un extrait d’ortie ou de prêle pour
soigner les légumes de leur jardin, contre l’interdiction de sucrer leur tisane
avec du Stevia, contre l’interdiction de cueillir des champignons dans les prés
à l’automne, contre l’interdiction de donner ou d’échanger des anciennes
variétés de blés, de tomates, de maïs ou de courges ? ...
L’humanité est maintenant confrontée à un choix
décisif: sombrer dans un esclavagisme chimique de synthèse, virtuel et
artificiel (le véritable “enfer de la drogue”) ou se révolter pour recouvrer son droit
inaliénable d’avoir recours aux plantes sauvages, aux plantes médicinales, aux
plantes shamaniques et aux plantes alimentaires, le fruit de milliers d’années
de co-évolution avec la biosphère. De ce choix dépend la survie de
l’humanité, et d’une grande partie de la biosphère. … REVOLTEZ-VOUS ! [ ça
c’est de moi !!! ]
Les Aborigènes ont vécu pendant 40
000 ans dans les déserts de l’Australie, à l’écoute du Temps de Rêve, en
synergie totale avec leur environnement, avec leur biosphère. … Ne serait-ce
pas urgent de ressemer la Vie au coeur de l’Extinction Planétaire pour préparer
le terrain aux Tribus du Futur ?
Texte
de Dominique Guillet (Président de KOKOPELLI)
En
conclusion de ce deuxième épisode, je vous livre ce fait qui m’attriste quelque
peu car je constate que très peu de personnes sont dans l’échange et le partage
… seulement 5 réactions (très positives d’ailleurs) à l’EPISODE 1 … peut-être
êtes-vous sidérés ? épouvantés ? consternés ? désabusés ?ou
même intéressés ?
N’hésitez
pas à entrer dans le partage !
J’ai
pourtant toute ma raison (mais je pense que les dingues disent tous la même
chose !!!) et chaque jour suivre la voie de mon cœur m’apporte un bonheur
simple et inestimable.
Je
retrouve jour après jour au fil de mes lectures et de mes rencontres mon libre
arbitre et j’exprime enfin, au bout de 50 ans, tout ce que j’ai en moi de
passion et de créativité … attendez-vous à de nombreux épisodes !!!
Pierre
RABHI, encore un paysan engagé, parle de « sobriété heureuse » … et
c’est vraiment ça : être au lieu d’avoir …
Dans les beaux textes qui
me touchent par leur vérité,
en voilà encore un de
Monsieur « Le Passeur
»
qui a bien résonné en moi …
Bonne lecture et grosses
bises du berger
On n’emmènera pas nos armes et nos armures
Par le Passeur.
Le principe d’action et de réaction est ce qui a
prévalu durant toute l’expérience de la vie sur Terre depuis bien longtemps.
C’est probablement le comportement le mieux ancré en nous. Et c’est pourtant
celui dont il est bienvenu de se séparer aujourd’hui si l’on veut accéder à
l’harmonie que chacun ou presque appelle au plus profond de soi.Les expériences menées jusque-là au ras du mental ne
semblent pas nous y avoir préparé. Pourtant, aussi loin au premier regard que
cela paraisse des attitudes humaines dominantes, l’époque nous
ouvre grand les portes qui nous permettent de quitter cette pièce où il est
écrit au fronton en lettres rouges « Expérimentation de la séparation et du
principe d’action et de réaction ». Une autre salle au fronton doré duquel est
inscrit « Retour à l’Unité » s’offre à notre choix d’y entrer ou non. Notre
liberté est totale d’avancer ou de nous retourner pour en découdre encore un
peu avec l’ancien monde.
J’ai lu il y a peu sur ce site la colère d’un être qui
me disait que » les seules lois de la vie sont la volonté et le travail et qu’à
force d’aimer naïvement tout le monde, on se fait rouler, on passe en second,
on laisse la main ». Je sais de quoi il parle, j’ai donné moi aussi de ce
côté-là. Nous avons tous donné de ce côté-là. Et certains d’entre nous, parce
qu’ils ont trop longtemps combattu et souffert, parce qu’ils ont mis genou à
terre d’innombrables fois, en cette vie et en bien d’autres dont ils n’ont plus
mémoire mais qui pèsent en leurs cellules, parce qu’à chaque défaillance, qu’à
chaque chute, ils ont toujours du et on toujours su se relever, sont rompus
désormais à cet exercice au point qu’ils en ont fait un principe fondamental de
leur vie. Ils en sont tout simplement… épuisés.
Il est au-delà de toute importance et hautement
salvateur que chacun de celles et de ceux qui se sentent encore profondément
imprégnés de cette pulsion guerrière et de ce sentiment de rage qui les
maintient dans le combat, sachent qu’il sont au-delà du monde des hommes
reconnus pour ce qu’ils sont vraiment tout au fond d’eux, pour le chemin
parcouru dans la douleur, sous l’acier vif et les blessures, pour le courage
exemplaire dont ils ont fait preuve au sein des difficultés croissantes placées
sur leur chemin. Bien des regards sont tournés vers notre Terre et vers les
humains qui la peuplent depuis si longtemps. Nos guides d’ombre et de lumière,
nos frères et sœurs d’autres plans de vie, qu’un jour nous avons quittés de
notre plein gré pour vivre cette odyssée et évoluer comme jamais nous ne
l’avions fait, nous accompagnent et nous ont toujours accompagné tout au long
de la route qui pour nous fut aveugle, et dont les épreuves nous apparurent de
ce fait souvent injustes et incompréhensibles.
Nous ne sommes pas seuls, nous ne l’avons jamais été.
Rien de tout cela n’a été vain. Aucune épreuve n’a été inutile ou injuste,
chacune d’elles a été le miroir de ce que nous avions à regarder en nous
lorsqu’elle s’est présentée et s’est offerte comme une opportunité de dépasser
ce que nous y avons vu alors. Elles se sont répétées tant que nous n’avons pas
su évoluer au-delà de ce qu’elles nous signifiaient. Et parfois au cours de cet
apprentissage, nous nous sommes un peu trompés ou un peu perdus, créant par là
d’autres façons d’être à dépasser, d’autres énergies à polariser.
Le jeu a été loin, plus
loin que nous ne l’avions pensé au départ, mais à présent toutes les pièces
adverses sont prises et le Roi est coincé à l’angle de l’échiquier. Il nous
faut prendre une grande respiration, poser les armes, mais sans oublier de
déposer aussi les armures – ce qui est apparemment plus difficile - et laisser
tomber la tension, se souvenir que ce combat n’est pas la vie mais juste un jeu
où nous avons parcouru les cases en tous sens. Simplement, les voiles qui nous
enveloppèrent à notre arrivée dans la vie, ont refermé notre être sur son seul ego
auquel il a fini par totalement s’identifier. Alors il n’est pas facile de ne
plus entrer dans le jeu, de ne plus vouloir en découdre en pensant que sans
cela on se fera broyer. Et pourtant, il va falloir savoir proclamer une bonne
fois pour toutes « Echec et Mat ».
Le quotidien, les difficultés à payer le loyer ou tout
simplement à trouver de quoi se nourrir et nourrir sa famille ou la soigner
sont le lot indéniable de beaucoup d’êtres en ce monde. Tout cela peut paraître
injuste et insoutenable et du point de vue de l’humain ça l’est. Mais qui a
créé tout cela ? Qui a laissé ce monde en arriver où il est ? Qui d’autre que
l’humain et lui seul, faisant usage de son plein libre-arbitre, a laissé cela
se nouer ? Qui songe à sa responsabilité quand celui qui meurt de faim, de
manque de soins ou sous les bombes, est affamé, délaissé ou tué par le pays qui
est le sien ? Qui va élire et réélire au fil des vies ceux-là même qui derrière
leurs masques font en sorte que rien de cela ne change et même que cela empire
? Qui croit toujours qu’il est impossible de changer le monde ? Qui est assez
esclave de la volonté d’autrui pour croire que ces indignités sont une fatalité
? Qui peut imaginer que la petite minorité qui prend les décisions n’est pas en
mesure de stopper tout cela si la volonté y était ?
Les opportunités de renverser la tendance ont été
nombreuses, certains ont sincèrement espéré y parvenir puis se sont laissés
capter par le système ou dépasser ou effacer d’une manière ou d’une autre. Il
aurait simplement fallu qu’il y ait derrière eux une volonté réelle des peuples
à les soutenir. Mais a-t-elle été souvent là cette volonté ? A-t-elle été là
en-dehors des grandes crises survenues quand l’intenable faisait trop souffrir
? Les populations des pays riches se sont profondément endormies pendant que
celles des pays pauvres encaissaient toujours plus de fléaux. L’individualisme
et le matérialisme, ces mamelles nourricières de l’ego, ont conduit l’être à
s’éloigner de plus en plus de l’empathie qui est naturellement la sienne. Tout
est devenu combat et les regards se sont fait impitoyables, les ego se sont
affrontés dans les petites et les grandes choses de la vie et tout fut envisagé
à travers la croyance qu’agir et réagir était le moteur de l’existence. Alors
que l’existence vraie, c’est ‘l’êtreté’. La capacité de placer le Soi au centre
de son être et de le le laisser rayonner. Ca ne signifie pas qu’il n’y a plus
d’action, mais ça veut dire que celle-ci naît de la capacité à être et plus de
la capacité à agir et à réagir aux actions d’autrui. Ainsi se dissout l’action
du Moi, de l’ego, dont la voix s’amenuise au loin.
Là où rayonne le Soi, la
conscience supérieure de l’être, celle qui est détachée des souffrances du Moi,
l’action se fait sans effort apparent, elle s’inscrit dans un mouvement aussi
naturel que celui des feuilles dansant dans la brise. Au quotidien, cela
s’apparente au tapis rouge que déroule l’Univers devant nos pas, comme si tout
soudain devenait simple, comme s’il suffisait d’émettre un souhait pour que
celui-ci, s’il est juste, se réalise.
La colère qui fait replonger l’être en éveil dans le
combat, est celle de celui qui n’a pas voulu reconnaître qu’il avait d’abord en
lui quelque chose à guérir. Sans cette démarche de guérison, rien de stable et
de juste ne peut se faire.
Comme déjà détaillé dans L’Eveil, l’ego fait
tout pour que l’être n’entame jamais cette guérison, car il serait démasqué
dans son imposture, il y perdrait son pouvoir et se sentirait en danger. Sa
tactique première est donc de miser sur le plus sûr : le mental. On ne peut pas
mentaliser le processus d’éveil sans se fourvoyer sur le but qu’on pense devoir
atteindre. Cette quête dans l’incarnation est l’abandon de tout contrôle,
l’humble acceptation de se fondre dans les flux de la vie avec confiance, sans
chercher à les contrôler et d’y trouver ainsi l’harmonie.
Lorsqu’on tente de suivre
un mode de vie que l’on pense conscient mais que l’on a intégré uniquement par
le mental, on ne peut atteindre ce but et donc rien ne fonctionne comme prévu,
les difficultés de la vie restent les mêmes, les épreuves sont toujours là.
Soit on replonge alors dans la colère et la lutte parce que l’on croit s’être
leurré et on en conserve une certaine amertume, soit l’on s’offre à l’ego qui
revêt pour le coup sa panoplie d’être spirituel, mais qui demeure encore l’ego.
C’est par le cœur qu’il faut assimiler cela. Ca ne s’apprend pas, ça ne se
donne pas, ça se trouve lorsqu’on abandonne le désir de contrôle, non par dépit
ou par désespoir, mais par humilité (voir l’Eveil en Soi 2)
.
Le fait de reconnaître qu’on a à guérir bien des
souffrances, de s’ouvrir à l’éventualité que ce corps émotionnel si lourd
n’affecte que le Moi en tout être, que ce Moi n’est qu’une petite part de ce
que nous sommes et qu’il a pris toute la place au détriment de l’être sacré qui
est en nous, est le préalable indispensable à tout le processus d’éveil qui
conduit à trouver l’harmonie dans la vie quotidienne, au lieu des
sempiternelles luttes et les blessures qui sont leur lot. C’est ce qui explique
que rien ne fonctionne comme prévu si l’on n’est pas passé par là. C’était
autrefois un long chemin, mais dans les temps accélérés que nous vivons, la
conscience expérimente et intègre à une vitesse jamais vue jusque-là. Le
courage que cela demande n’est plus celui du coureur du fond, mais plutôt celui
de qui doit faire un pas dans le vide avec assez de foi pour y trouver le pont
qu’il ne peut voir avant de l’avoir fait. C’est bien cela, la foi.
Fraternellement,
© Le Passeur – 20 Juillet 2011 – http://www.urantia-gaia.info >
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